annie ernaux

Envoyé par Printemps du livre le 3 février 2011 à 15:32. FavoriteLoadingajouter à vos favoris Partager
Annie Ernaux©Hélie/Gallimard

©Hélie/Gallimard

Annie Ernaux est née en Nor­man­die dans une famille d’ouvriers deve­nus petits com­mer­çants. L’écart entre l’origine modeste et le milieu auquel elle accède par l’université et l’écriture est au cœur de La Place (1984) et La Honte (1997). Tout son pro­jet lit­té­raire, qu’elle nomme une «auto­bio­gra­phie imper­son­nelle», pro­cède d’une explo­ra­tion de l’intime tou­jours mêlée au social. Les domi­na­tions, la place assi­gnée aux êtres et les aspi­ra­tions à s’en libé­rer consti­tuent la trame de son œuvre. Après Les Années (Gal­li­mard, 2008), elle publie en avril 2011 L’Autre fille, aux édi­tions Nil, où elle fait revivre sa sœur disparue.

Ver­sion sonore Extrait de L’Autre fille :



Extrait de L’Autre fille :

Elle raconte qu’ils ont eu une autre fille que moi et qu’elle est morte de la diph­té­rie à six ans, avant la guerre, à Lil­le­bonne. Elle décrit les peaux dans la gorge, l’étouffement. Elle dit : elle est morte comme une petite sainte

elle rap­porte les paroles que tu lui as dites avant de mou­rir : je vais aller voir la Sainte Vierge et le bon Jésus
elle dit mon mari était fou quand il t’a trou­vée morte en ren­trant de son tra­vail aux raf­fi­ne­ries de Port-Jérôme
elle dit c’est pas pareil de perdre son com­pa­gnon
elle dit de moi elle ne sait rien, on n’a pas voulu l’attrister
A la fin, elle dit de toi elle était plus gen­tille que celle-là

Celle-là, c’est moi.
L’Autre fille, p. 16


RENCONTRES

Sam 16, à 17h30
Salle Juliet Berto
Sam 16, à 20h
Salle Juliet Berto
Dim 17, à 11h
Biblio­thèque Centre-ville

SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

L’Autre fille, édi­tions Nil, 2011
Les Années, édi­tions Gal­li­mard, 2008
L’Usage de la photo, édi­tions Gal­li­mard, 2005
L’Occupation, édi­tions Gal­li­mard, 2002
La Honte, édi­tions Gal­li­mard, 1996
Une femme, édi­tions Gal­li­mard, 1987
La Place, 1983, édi­tions Gal­li­mard, Prix Renau­dot
Ce qu’ils disent ou rien, édi­tions Gal­li­mard, 1977

 

Imprimer cet article Imprimer cet article

24 commentaires

  • Danielle dit :

    L’Autre fille
    Un petit livre, mais quel livre ! d’une den­sité qui tient de l’épure, il s’agit pour Annie Ernaux d’aller à l’essentiel, de racler la chair de la mémoire jusqu’à l’os. De tour­ner tou­jours plus pro­fond, vers l’étonnement, la sidé­ra­tion, l’indicible. Com­ment par­ler de cette autre fille, cette soeur morte avant la guerre, cette morte rayée de la carte fami­liale, jamais évo­quée, dou­ble­ment enter­rée. C’est sans conces­sion, c’est magnifique.

  • Laetitia Giry dit :

    L’AUTRE FILLE
    « Quand j’étais petite, je croyais – on avait dû me le dire – que c’était moi. Ce n’est pas moi, c’est toi ». Annie Ernaux évoque ici une pho­to­gra­phie de la sœur qu’elle n’a pas connue. Née avant elle, morte avant elle. Déve­lop­pant sa nar­ra­tion autour de l’absence et du secret, elle choi­sit comme pivot cen­tral le récit d’un sou­ve­nir : celui de l’instant inau­gu­ral qui découvre la vérité. La défla­gra­tion de la révé­la­tion semble agir comme moteur au besoin de dire et d’écrire. L’auteure décrit les modu­la­tions et la for­ma­tion de son iden­tité en rap­port à son pas­sif fami­lial, à l’établissement du men­songe – fût-ce par omis­sion, dis­si­mu­la­tion – et de son dévoi­le­ment. Sa sœur morte était « gen­tille », apprend-elle par acci­dent, elle sera donc le « diable ». La forme de la lettre sonne comme une véri­table adresse, revê­tant l’apparence d’un besoin de confes­sion direct. Pour­tant elle nous le dit : c’est une fausse lettre, la morte n’est pas le vrai des­ti­na­taire, seul le lec­teur l’est. Jamais ses parents ne lui par­le­ront de cette sœur dis­pa­rue et tou­jours per­sis­tera cette riva­lité ahu­ris­sante et injuste. Alors elle l’écrit, elle écrit la supé­rio­rité fac­tice et déchi­rante du mort, et sur­tout la supé­rio­rité bat­tante du vivant, affir­mant sans détour « Lut­ter contre la vie longue des morts ».

  • Eve­ry­thing is very open with a pre­cise expla­na­tion of the issues.
    It was defi­ni­tely infor­ma­tive. Your site is very use­ful.
    Thank you for sharing!

  • FedErydrot dit :

    Яркие рассказы проституток на нашем сайте волшебным образом раскрасят ваши будни головокружительными красками и подарят огромное наслаждение. Здесь проститутки не только полностью удовлетворят ваш интерес, но и оправдают любые даже самые смелые ожидания и фантазии. Истории проституток, которые вы здесь найдете помогут ощутить себя настоящим мачо в сексе. А фото проституток только дополнят ваше удовольствие. На нашем сайте проститутки Казани и проститутки Одессы откроют для вас дверь в мир сексуальных удовольствий, проститутки Воронежа и проститутки Днепропетровска помогут Вам ощутить себя любимым и непременно желанным мужчиной, проститутки Запорожья и проститутки Ростова расскажут самые эротичные истории из своей жизни, проститутки Красноярска и проститутки Николаева откроют для вас науку получения и доставления удовольствия от секса.
    Girlsroom.biz.ua — дешевые проститутки с выездом в москве

  • Superb,what a web site itt is! This web­page pro­bides help­ful data to us, keep it up.

    my web­paage :: spring fashion ’11

Trackbacks / Pingbacks

Postez vos impressions de lecture

MERCI D'INDIQUER LE TITRE DE L'OUVRAGE EN DÉBUT DE COMMENTAIRE