vincent gessler

Envoyé par Printemps du livre le 19 janvier 2011 à 14:33. FavoriteLoadingajouter à vos favoris Partager
Vincent Gessler©Lalex

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Vincent Gess­ler vit à Genève, où il tra­vaille dans la for­ma­tion conti­nue. Pas­sionné d’histoire, de bande des­si­née et de science-fiction, il a publié des nou­velles et un pre­mier roman, Cygnis (Ata­lante, 2010), salué par le prix Uto­piales. Il y décrit un monde post-apocalyptique, habité par des groupes plus ou moins civi­li­sés, des com­mu­nau­tés tro­glo­dytes et des robots tueurs. Le lec­teur avance sur les pas de Syn, ancien sol­dat et  trap­peur qui vit avec un loup mi-chair mi-métal. Alors que l’ancienne civi­li­sa­tion gît sous terre, une guerre se pré­pare. Sous le récit d’errance aux échos mythiques, Cygnis donne à lire aussi une réflexion sur la perte des origines.

Ver­sion sonore Extrait de Cygnis :



CygnisExtrait de Cygnis :
Syn exa­mine les alen­tours dans la lunette de son arme et revient à la cavité. Il alterne dif­fé­rents modes de vision, tourne pru­dem­ment autour du trou sans dis­tin­guer quoi que ce soit d’alarmant. L’observation aux infra­rouges confirme pour­tant sa sup­po­si­tion : ils sont au som­met d’une ancienne ruine. Pro­ba­ble­ment l’une de ces tours d’habitation mas­sives dont il a pu obser­ver à plu­sieurs reprises les sque­lettes de pierre et de métal. Celle-ci s’est effon­drée sur elle-même et la nature, fai­sant son oeuvre, l’a trans­for­mée en butte arti­fi­cielle que Syn n’a pas iden­ti­fiée avant d’en atteindre le som­met. Les vieilles ter­reurs remontent d’un coup, celles des récits mur­mu­rés dans l’intimité du soir, à la proxi­mité ras­su­rante des feux de camp.
A dis­tance, il a toutes ses chances ; ici, il est à leur merci.
Il noue et sans bruit la lanière du trai­neau autour de sa taille et entre­prend de tra­ver­ser la clai­rière. Il écoute sur­tout.
Rien.
Aucun bour­don­ne­ment. Mal­gré ses pré­cau­tions, il ne peut rete­nir le cris­se­ment des raquettes sur la neige.
Lais­sant le ruis­seau à main gauche, il effec­tue un détour qui l’éloigne de la cavité obs­cure, sans perdre de vue l’ensemble du pla­teau dont il longe l’extrémité. Par­venu à l’opposé, il sur­prend entre deux arbres les pre­mières fumées de Méandre.
Il s’arrête quelques secondes pour contem­pler au loin les hauts toits de la ville qui semblent grif­fer le ciel, piqués au som­met d’un épe­ron rocheux sur­plom­bant la forêt. Les habi­ta­tions évoquent le confort d’un lit, la couche encore chaude, l’odeur de la peau, les seins ronds pres­sés contre son visage. Une bouf­fée d’émotions monte, qui riva­lise avec le besoin impé­rieux de quit­ter les lieux. La peur le dis­pute au désir en un mélange qu’il vou­drait pro­lon­ger, doux-amer, agréable et irri­tant.
S’arrachant à la contem­pla­tion, Syn jette un der­nier regard au pla­teau silen­cieux, place le trai­neau devant lui et s’arque sur ses bâtons pour le rete­nir avant d’entamer la des­cent, l’esprit hanté de visions char­nelles, de sil­houettes prêtes à le mettre en pièces, de ron­deurs qui épousent celles du pay­sage, d’une cha­leur qui s’associe au ciel et réchauffe tout son corps.
Cygnis, p.21–22-23

RENCONTRES

Dim 17, à 16h
Mai­son de l’International

SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE

Cygnis, L’Atalante, 2010,
Prix Uto­piales et Prix Julia Ver­lan­ger 2010

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15 commentaires

  • Babel dit :

    Un roman bien ficelé, au début duquel on est un peu per­dus, comme le héros, puis bien vite impré­gnés de l’univers que Gess­ler décrit avec poé­sie. «Cygnis» est une fouille de la mémoire et des sen­ti­ments humains qui croise aussi ani­ma­lité et ido­lâ­trie pour les nou­velles tech­no­lo­gies. Gess­ler nous met gen­ti­ment en garde avec une his­toire qui a la pêche. Triste parfois.

    • Danielle dit :

      On n’est pas vrai­ment, pas seule­ment perdu. On est engourdi, «hiberné», on se réveille len­te­ment au rythme du per­son­nage qui semble émer­ger très péni­ble­ment d’une léthar­gie. Le rap­port à la nature, au monde qui l’entoure est rendu avec pré­ci­sion par une écri­ture sobre et assez effi­cace. Le récit prend son temps, j’aime bien ça : ne pas être pré­ci­pi­tée dans l’action tout de suite, tout en bai­gnant dans l’inquiétante étran­geté. Un récit en effet bien ficelé, aux échos profonds.

      • Maisyn dit :

        Super­bly ilni­li­ma­tung data here, thanks!

        • Jaylin dit :

          Bur­quas today — buil­ders› shorts tomorrow?On second thoughts… bur­quas can stay. But get of of those buil­ders› shorts, for Goi993&;s/Allah&#3#;s/Jehovah’s/Flydng Spa­ghetti Monster’s sakes!On a slightly more serious note, it appears that NZ First’s 2011 intake of MPs are somew­hat more… «eccen­tric» than their 1996 counterparts.Oh well. MMP is sup­po­sed to encou­rage Par­lia­ment to be repre­sen­ta­tive. NZ First clearly repre­sents the Loo­ney Consti­tuency in society.With ACT vani­shing into the neo-liberal sun­set, I guess it was up to NZ First to pick up the Wacko Vote.

      • Vincent dit :

        de9c19 j aime ‚j aime et j aime tant te lire e0 chaque fois c est tes atr­ciles sont une source inta­ris­sable qui m abreuve et je de9guste chaque ligne avec de9lectation et une grande envie de tout remettre en cause .Tu as le Talent, tu as le coeur mais surtout,tu as du cou­rage رانيا تبارك الله عليك

    • Skip dit :

      aku meh komen­tar apa ya…yg jelas jgn berhenti memo­tret sebe­lum kamera anda rusak… klo rusak ya diser­vis sih,klo masih bisa… he.e.ehhsemakin sering bela­jar motret sema­kin bagus…

    • Vi har just kri­ti­se­rat Tra­fik­ver­kets lÃ¥ngsiktprognos i avseende pÃ¥ tra­fi­kut­ve­ck­lin­gen dÃ¥ ver­ket bara ser i backs­pe­geln när pro­gno­serna görs. Vi ser att inom ca 20 kom­mer det inte att fin­nas nÃ¥gon olja för vÃ¥r import dÃ¥ världens oljex­port tor­kar ihop. Och det finns inte hel­ler nÃ¥gra rea­lis­tiska alter­na­tiv för att driva 700–800 mil­jo­ner bilar när oljeut­vin­nin­gen minskar.

    • http://www./ dit :

      Det er nok ogsÃ¥ bedst, men jeg har aldrig været god til og fÃ¥ spist tre gange.. pga. jeg bli­ver skidt til­pas a at spise om morgen.

    • http://www./ dit :

      No preo­cu­parse. En las aso­cia­ciones de veci­nos seguro hay mucha más ima­gi­na­ción que en la cabeza de los caciques que van por ahí reti­rando sub­ven­ciones. Estoy seguro de que le acabarán “dando en las narices” al del bigote.Muy mal tiene que estar la situa­ción econó­mica en el ayun­ta­miento o mucho mie­dito le tie­nen que tener a las aso­cia­ciones de veci­nos en el ayun­ta­miento para que acabe tomando deci­siones de este tipo. Muy triste.Por cierto: ¿La aso­cia­ción de veci­nos de comu­ne­ros también se va a que­dar sin pelas? Me cuesta creerlo.

    • http://www./ dit :

      Zie­hen einen die Ste­len des Holo­caust­denk­mals so in den Bann, wenn man davor, bzw. mit­ten drin steht?Auf Fotos wir­ken sie immer wie eine grauen­hafte Mischung aus Tetris und Film Noir. Dieses Denk­mal könnte Albert Speer him­self ent­wor­fen haben.

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    • That’s an intel­li­gent ans­wer to a dif­fi­cult ques­tion xxx

    • > Siga­nus Sutor « Timoré, du latin ecclésiastique timo­ra­tus, “qui craint Dieu”. »Ah par­don, Siga­nus, sur l’île de Timor, ce n’est à l’ouest qu’on craint Dieu en latin d’église…

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