Ecrivain, sociologue spécialisé dans l’architecture et les questions urbaines, cycliste passionné et amoureux des chats, Jean-Noël Blanc vit et travaille à Saint-Etienne. Il a publié plusieurs recueils de nouvelles ainsi que des romans, salués par de nombreux prix. Certains de ses textes sont édités en littérature de jeunesse. Dans Le Nez à la fenêtre (Joëlle Losfeld, 2009), le lecteur colle à la roue d’un coureur sans gloire, le récit puisant dans l’enfance, ses douleurs et ses rêves, pour parfaire le portrait d’un héros modeste. La Couleur de la rage (Joëlle Losfeld, 2010) explore en six nouvelles le passage à l’âge adulte, ses émotions et ses instants décisifs.
Version sonore Extrait de La scène :
Extrait de Le Nez à la fenêtre :
La communication s’interrompt dans un grésillement.
Je n’ai pas bien compris. Le Garric revient sur le maillot jaune ? Et moi, alors ? Je ne l’attends pas ? Je vais jusqu’à Briançon ? Seul ? Jusqu’à la ligne ?
Ne t’enflamme pas. Tu n’es pas encore au sommet. Garde ton rythme. La cadence, la cadence. Ne bouffe pas de l’énergie en allant t’imaginer des trucs. Pas d’imagination. Maintenant, rien d’autre que maintenant. Le présent, le présent, le présent, deux cent deux, deux cent trois, deux cent quatre, ne pense pas, surtout ne pense pas.
Un type me tend une bouteille d’eau. Ouverte. Je la saisis au vol. Verse sur ma nuque. Un peu de fraîcheur. L’eau sur le casque. Une connerie. Elle me coule sur le visage, je suis obligé de m’essuyer. Geste inutile. M’essoufflant.
Et la sueur, à présent, qui roule sur mes sourcils, glisse sur mes paupières, me pique les yeux, le sel sur la cornée, passer le dos de mes gants sur mes yeux, mes gants mouillés, je suis en nage. Les pierres du bas-côté, la réverbération, elles renvoient la chaleur, j’étouffe.
Les pierres nues. L’éboulis. Le long pierrier si blanc au grand soleil. La Casse déserte. La fameuse Casse déserte. Pas un arbre. Pas d’herbe. Des cailloux. Un monde minéral.
Je suis en tête de la course et je roule au milieu d’un cimetière. Le Nez à la fenêtre, p.147–148
RENCONTRES
Jeudi 14, à 18h30
Bibliothèque Centre ville
Sam 16, à 11h
Bibliothèque Centre ville
SIGNATURE Dédicaces des auteurs vendredi,
samedi ou dimanche
sous le chapiteau du Jardin de ville
BIBLIOGRAPHIESÉLECTIVE
Tailles douces, Thierry Magnier, 2010 La Couleur de la rage, Gallimard Scripto, 2010 Le Nez à la fenêtre, Joëlle Losfeld, 2009 Comme si rien, illustr. Ann Guillaume, éditions du Chemin de fer, 2008 La Petite piscine au fond de l’aquarium, Joëlle Losfeld, 2007 Esperluette et Compagnie, Joëlle Losfeld, 2004, Prix de la Nouvelle du Mans et Prix Charles Exbrayat Hôtel intérieur nuit, HB éditions, 1996, Prix Renaissance de la nouvelle
«Le nez à la fenêtre» est un moment de lecture extraordinaire ! Je souhaite à tout le monde de ne pas être cycliste ou passionné du Tour de France pour découvrir ce texte incisif, sans aucun dérapage, parfait. Devant les maîtres, on se tait et on ressent : merci Jean-Noêl Blanc.
Je ne suis guère cycliste, mais j’aime beaucoup de beaux écrivains cyclistes comme Jean-Noël Blanc, Bernard Chambaz, Paul Fournel, et quelques autres… Et c’est vrai que «Le Nez à la fenêtre», ça s’avale comme une route de rêves entre les blés, comme une descente d’enfer, c’est une extase modeste mais fine.
De la belle ouvrage, à partager entre sportifs et contemplatifs et méditatifs. Entre humains, quoi !
la couleur de la rage
une succession de nouvelles qui nous fait réfléchir sur l’adolescence: pourquoi nous ressentons tous cela? Pourquoi nous cherchons tous les mêmes choses? Et comment les trouver? Comment devenir libre, comment trouver sa voie de la liberté? Pour continuer…
Certaines nouvelles sont très belles et expriment très bien cela. Une, par contre, m’a déplu, je la trouve sans intérêt.
Mais… merci quand même.
«Le nez à la fenêtre» est un moment de lecture extraordinaire ! Je souhaite à tout le monde de ne pas être cycliste ou passionné du Tour de France pour découvrir ce texte incisif, sans aucun dérapage, parfait. Devant les maîtres, on se tait et on ressent : merci Jean-Noêl Blanc.
Je ne suis guère cycliste, mais j’aime beaucoup de beaux écrivains cyclistes comme Jean-Noël Blanc, Bernard Chambaz, Paul Fournel, et quelques autres… Et c’est vrai que «Le Nez à la fenêtre», ça s’avale comme une route de rêves entre les blés, comme une descente d’enfer, c’est une extase modeste mais fine.
De la belle ouvrage, à partager entre sportifs et contemplatifs et méditatifs. Entre humains, quoi !
la couleur de la rage
une succession de nouvelles qui nous fait réfléchir sur l’adolescence: pourquoi nous ressentons tous cela? Pourquoi nous cherchons tous les mêmes choses? Et comment les trouver? Comment devenir libre, comment trouver sa voie de la liberté? Pour continuer…
Certaines nouvelles sont très belles et expriment très bien cela. Une, par contre, m’a déplu, je la trouve sans intérêt.
Mais… merci quand même.
un petit coucou d’un ancien éléve sur fond de «Polarville»