jean-noël blanc

Envoyé par Printemps du livre le 19 janvier 2011 à 10:52. FavoriteLoadingajouter à vos favoris Partager
jean-noël blanc©hélie/Gallimard

© hélie/Gallimard

Ecri­vain, socio­logue spé­cia­lisé dans l’architecture et les ques­tions urbaines, cycliste pas­sionné et amou­reux des chats, Jean-Noël Blanc vit et tra­vaille à Saint-Etienne. Il a publié plu­sieurs recueils de nou­velles ainsi que des romans, salués par de nom­breux prix. Cer­tains de ses textes sont édités en lit­té­ra­ture de jeu­nesse. Dans Le Nez à la fenêtre (Joëlle Los­feld, 2009), le lec­teur colle à la roue d’un cou­reur sans gloire, le récit pui­sant dans l’enfance, ses dou­leurs et ses rêves, pour par­faire le por­trait d’un héros modeste. La Cou­leur de la rage (Joëlle Los­feld, 2010) explore en six nou­velles le pas­sage à l’âge adulte, ses émotions et ses ins­tants décisifs.

Ver­sion sonore Extrait de La scène :



Le nez à la fenêtreExtrait de Le Nez à la fenêtre :
La com­mu­ni­ca­tion s’interrompt dans un gré­sille­ment.
Je n’ai pas bien com­pris. Le Gar­ric revient sur le maillot jaune ? Et moi, alors ? Je ne l’attends pas ? Je vais jusqu’à Brian­çon ? Seul ? Jusqu’à la ligne ?
Ne t’enflamme pas. Tu n’es pas encore au som­met. Garde ton rythme. La cadence, la cadence. Ne bouffe pas de l’énergie en allant t’imaginer des trucs. Pas d’imagination. Main­te­nant, rien d’autre que main­te­nant. Le pré­sent, le pré­sent, le pré­sent, deux cent deux, deux cent trois, deux cent quatre, ne pense pas, sur­tout ne pense pas.
Un type me tend une bou­teille d’eau. Ouverte. Je la sai­sis au vol. Verse sur ma nuque. Un peu de fraî­cheur. L’eau sur le casque. Une conne­rie. Elle me coule sur le visage, je suis obligé de m’essuyer. Geste inutile. M’essoufflant.
Et la sueur, à pré­sent, qui roule sur mes sour­cils, glisse sur mes pau­pières, me pique les yeux, le sel sur la cor­née, pas­ser le dos de mes gants sur mes yeux, mes gants mouillés, je suis en nage. Les pierres du bas-côté, la réver­bé­ra­tion, elles ren­voient la cha­leur, j’étouffe.
Les pierres nues. L’éboulis. Le long pier­rier si blanc au grand soleil. La Casse déserte. La fameuse Casse déserte. Pas un arbre. Pas d’herbe. Des cailloux. Un monde miné­ral.
Je suis en tête de la course et je roule au milieu d’un cime­tière.
Le Nez à la fenêtre, p.147–148

RENCONTRES

Jeudi 14, à 18h30
Biblio­thèque Centre ville

Sam 16, à 11h
Biblio­thèque Centre ville


SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

 

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Tailles douces, Thierry Magnier, 2010
La Cou­leur de la rage, Gal­li­mard Scripto, 2010
Le Nez à la fenêtre, Joëlle Los­feld, 2009
Comme si rien, illustr. Ann Guillaume, éditions du Che­min de fer, 2008
La Petite pis­cine au fond de l’aquarium, Joëlle Los­feld, 2007
Esper­luette et Com­pa­gnie, Joëlle Los­feld, 2004, Prix de la Nou­velle du Mans et Prix Charles Exbrayat
Hôtel inté­rieur nuit, HB éditions, 1996, Prix Renais­sance de la nouvelle

 

EN SAVOIR PLUS

Le site de Jean-Noël Blanc

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4 commentaires

  • Babel dit :

    «Le nez à la fenêtre» est un moment de lec­ture extra­or­di­naire ! Je sou­haite à tout le monde de ne pas être cycliste ou pas­sionné du Tour de France pour décou­vrir ce texte inci­sif, sans aucun déra­page, par­fait. Devant les maîtres, on se tait et on res­sent : merci Jean-Noêl Blanc.

  • Danielle dit :

    Je ne suis guère cycliste, mais j’aime beau­coup de beaux écri­vains cyclistes comme Jean-Noël Blanc, Ber­nard Cham­baz, Paul Four­nel, et quelques autres… Et c’est vrai que «Le Nez à la fenêtre», ça s’avale comme une route de rêves entre les blés, comme une des­cente d’enfer, c’est une extase modeste mais fine.
    De la belle ouvrage, à par­ta­ger entre spor­tifs et contem­pla­tifs et médi­ta­tifs. Entre humains, quoi !

  • Valentine Clot dit :

    la cou­leur de la rage
    une suc­ces­sion de nou­velles qui nous fait réflé­chir sur l’adolescence: pour­quoi nous res­sen­tons tous cela? Pour­quoi nous cher­chons tous les mêmes choses? Et com­ment les trou­ver? Com­ment deve­nir libre, com­ment trou­ver sa voie de la liberté? Pour conti­nuer…
    Cer­taines nou­velles sont très belles et expriment très bien cela. Une, par contre, m’a déplu, je la trouve sans inté­rêt.
    Mais… merci quand même.

  • demangeat dit :

    un petit cou­cou d’un ancien éléve sur fond de «Polarville»

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